Les bonnes questions à vous poser quand votre proche vit en Ehpad

Publié le 10 mai 2022
Vigilance en Ehpad

La méconnaissance du fonctionnement d’un Ehpad ou la gêne vous empêchent parfois de poser certaines questions, ou de formuler des demandes particulières. Pourtant, il y a bien des points d’attention qu’il est tout à fait légitime de surveiller. Mieux vaut lever vos doutes et nourrir une relation de confiance avec les personnes à qui vous confiez un être aimé.

 

  • Entrée récente en Ehpad : votre proche s’habitue-t-il ?

L’entrée en Ehpad est rarement volontaire et malheureusement trop souvent effectuée dans la précipitation. Dès lors, quelles questions poser lorsque l’on ne connait pas le fonctionnement de ces institutions ? Cette méconnaissance suscite parfois par la suite des incompréhensions ou des interrogations.
Les premiers temps, il faut vous assurer que la personne parvient à trouver de nouveaux repères, qu’elle ne se sent pas inquiète ou mélancolique. 


N’hésitez pas à lui rendre visite régulièrement et à passer du temps avec elle dans ce nouveau lieu de vie.


Un point régulier avec l’équipe soignante ou un membre de la direction permet de trouver rapidement les ajustements nécessaires s’il en est besoin.
 

Idée ! Les photos de famille et des amis permettent à la personne de se remémorer de bons souvenirs et de conserver ses repères. Une éphéméride et un réveil l’aident à se repérer dans le temps et à noter les visites ou les rendez-vous. 

  • Ses affaires disparaissent ? 

Vous constatez que des vêtements ou des objets (réveil, montre, téléphone, fil de rasoir pour les hommes, etc.) disparaissent ? Vous retrouvez dans sa chambre des choses qui ne lui appartiennent pas ?
Plusieurs raisons à cela : tout d’abord, dans certaines unités, les personnes atteintes de troubles cognitifs ou de démence déambulent et de ce fait, les affaires vont et viennent d’une chambre à l’autre ! Signalez au personnel (auxiliaires de vie ou aides-soignants) ce qui a été égaré et n’hésitez pas à aborder de nouveau le sujet si la situation ne change pas.
La majorité des Ehpad propose de marquer les vêtements des résidents. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à vous en occuper. Si l’Ehpad gère le nettoyage du linge, alors cela s'avère indispensable ! 


Idée ! Pensez à lister ce que votre proche a emporté avec lui afin de vérifier facilement s’il manque des choses. 

  • La personne souhaite rentrer chez elle : que faire ? Que dire ?

Plusieurs situations peuvent se présenter. Dans tous les cas, essayez de comprendre pourquoi votre proche veut rentrer chez lui. Ne vous énervez pas et restez à l’écoute.


Voici quelques pistes à explorer :
-    Assurez-vous qu’il reçoit bien tous les soins et toutes les attentions nécessaires à son état.
-    Il faut plusieurs semaines (parfois des mois) d’adaptation, voire d’acceptation. Lui opposer un : « Ce n’est pas possible » ne l’aidera pas à accepter sa dépendance, ni son nouveau lieu de vie. 
-    Pourquoi ne pas lui suggérer, quand il aura pris ses repères, de revenir chez lui de temps en temps si cela devient envisageable ? 
-    Rapprochez-vous de lui physiquement pour le rassurer et n’hésitez pas à lui prendre la main, à le calmer. Plus vous resterez serein face à cette demande, plus vous lui apporterez la sérénité dont il a besoin.
Proposez-lui de vous raconter quelques bons souvenirs de sa vie chez elle. 


À éviter ! Dans les premiers temps, la personne doit prendre ses repères : tout retour même ponctuel chez elle risque de la perturber et de la désorienter. 

  • Quand l’appétit va, tout va !

Les repas constituent des moments de convivialité pour les personnes âgées qui vivent en Ehpad. Votre proche apprécie-t-il les qualités gustatives des repas ? Les prend-il à la salle à manger ou préfère-t-il rester en chambre ? Cela vous donnera quelques indications sur son adaptation d’une part, mais également sur l’ambiance et sur la qualité des repas.
Vérifiez vraiment que la personne mange correctement et boit suffisamment. Si les mets ne lui plaisent pas, n’hésitez pas à demander une alternative. De même, s’il observe un régime alimentaire, il doit continuer de le suivre. 
Votre proche n'arrive pas prendre un repas seul et a besoin d’aide pour couper les aliments par exemple ? Qui s’occupe de lui pour veiller à ce qu’il mange correctement ? 
Est-il pesé régulièrement ? Dans le cas contraire, demandez qu’il soit pesé et suivez son poids régulièrement. Une perte de poids ne doit pas être négligée.

Idée : testez les repas en déjeunant ou en dinant de temps en temps avec votre proche. 

  • Petits et grands soins du quotidien

Ne laissez rien passer au niveau de l’hygiène, des soins de nursing (hygiène et confort de la personne dépendante), du rasage, du maquillage ou du coiffage quotidien ni de l’habillement : il en va du respect et de la dignité de la personne âgée. 
Ce sujet touche à l'intimité et à la pudeur de votre proche, il faudra certainement y apporter une attention particulière. 


Idée ! Venez à l’improviste et à des heures différentes et signalez ce qui ne convient pas. Si rien ne change, rencontrez l’équipe de direction pour comprendre les raisons du dysfonctionnement. 

  • Sa chambre et sa salle de bains

-    Recréer un lieu plaisant
La personne souhaite-t-elle se procurer un souvenir de chez elle ? Certaines vous diront non, car elles ne se sentent pas chez elle quand d’autres seront ravies d’apporter un meuble, des photos ou un bibelot. L’éclairage parait-il suffisant pour lire ou pour tricoter ? Le fauteuil mis à disposition est-il suffisamment confortable ou adapté aux déficiences de la personne ?


-    Entretien 
Lors de vos visites, profitez-en pour regarder dans quel état se trouvent ces pièces intimes, le mobilier de l’Ehpad ainsi que la propreté du linge de lit. Le responsable hôtelier répondra à toutes vos questions sur l’entretien et le nettoyage de l’établissement, ainsi que sur les aspects touchant à la blanchisserie.

  • Comment se déroulent les activités ?

Le plus souvent, un planning des activités est affiché ou remis aux résidents pour la semaine.
Ce n’est pas parce que votre proche a perdu son autonomie qu’il ne peut pas y participer. Bien au contraire, ces temps forts le stimulent, le sociabilisent et lui apportent du bien-être même si vous avez l’impression qu’il n’en profite pas pleinement compte tenu de ses capacités.
D’ailleurs, non seulement nous vous invitons à regarder le programme avec lui pour l’aider à choisir, mais vous pouvez participer aux ateliers ou animations, occasion de continuer à partager des activités ensemble et de comprendre comment votre proche vit ces moments.


Idée ! Assurez-vous qu’une personne vient chercher votre proche dans sa chambre pour se rendre aux différents évènements. 

  • La souplesse et la flexibilité 

L’établissement offre-t-il suffisamment de souplesse, par exemple, pour les horaires ?
Certaines personnes se lèvent tôt, et n’apprécient pas une toilette tardive tandis que d’autres au contraire aiment flâner au lit le matin et sont dérangées par un réveil trop matinal.
En cas de mélancolie, d’anxiété ou de souffrance, il est primordial d’avoir la possibilité de prolonger une visite bien au-delà des horaires officiels.
Pour les repas, peut-être votre proche préfère-t-il diner tranquillement dans sa chambre plutôt qu’au restaurant commun… autant de petites habitudes ou d’exceptions auxquelles il est important que l’Ehpad puisse répondre favorablement !

  • Du bon usage de la contention

La contention d’une personne doit se faire uniquement en cas d’urgence ou sur prescription médicale et après concertation d’une équipe multidisciplinaire*. 
Attacher une personne au motif qu’elle risque de tomber ou de glisser de son fauteuil ne constitue pas une raison acceptable de contention dans la mesure où aucune autre solution n’aura été étudiée. 
De même, l’usage des barrières de lit trouve son indication pour empêcher une personne de tomber, pas pour l’empêcher de sortir de son lit à des fins déambulatoires notamment (risque de chute accru).

Idée ! Abordez simplement la question de la gestion des mesures de contention éventuelles (physique, chimique, etc..) et des alternatives proposées par l’établissement où vit votre proche.


Enfin, si vous constatez de graves dysfonctionnements, que vous les signalez à l’équipe dirigeante et qu’aucune mesure corrective n’est adoptée, adressez-vous au directeur de l’Agence Régionale de Santé qui pourra demander une inspection de la résidence.


Vous devez réduire votre activité professionnelle pour aider un proche dépendant ?
Votre perte d’autonomie nécessite de l’aide ?
Avec le contrat TUT’LR, vous êtes serein pour faire face aux dépenses liées à la perte d’autonomie.


Sources :
* https://www.iledefrance.ars.sante.fr/system/files/2018-08/Mooc5_Contention_22dia_16.pdf
https://www.notretemps.com/famille/autonomie/tchat-EHPAD-posez-vos-questions-a-nos-experts-47032
https://www.notretemps.com/famille/autonomie/EHPAD-quels-droits-pour-resident-et-famille-13324
https://www.soignantenEHPAD.fr/pages/alzheimer/je-veux-rentrer-chez-moi-maladie-d-alzheimer.html#gsc.tab=0
https://www.retraiteplus.fr/blog/infos-maisons-de-retraite/points-verifier-pour-etre-sur-que-votre-proche-mange-bien-maison-retraitehttps://www.quechoisir.org/guide-d-achat-maison-de-retraite-n8361/
Recueil de témoignages de familles de personnes âgées GIR2 (unité fermée) et GIR4 vivant en Ehpad